20 SEPT.

2025

Je commence mon film…

Remobilisation/Remédiation

9h-12h/14h-16h

Manifestation ouverte au public

EPICES
Centre Culturel Robert Loyson 7 Boulevard Rougé
97160 MOULE

En bref : une production collective qui favorise l’accès au monde de l’écrit par des expériences créatives, améliorant le rapport à la langue ; redonnant confiance pour ce qui est de la capacité de penser.

Et en détails :

Le lire-écrire se construit d’abord dans le social, avant d’être intériorisé.
Les personnes en situation de handicap, en particulier les dyslexiques, ont avant tout besoin de reprendre confiance dans leur capacité de penser.
Dans Les Neurones de la lecture, S. Dehaene (2007) montre que le cerveau humain n’est pas « câblé » pour la lecture et que chacun doit construire une sorte de machine neuronale reliant très rapidement les aires visuelle, sonore et sémantique, zones éloignées les unes des autres que seul l’entrainement – et non la maturation du cerveau – peut mettre en relation.
Nous avons tous besoin de mettre des mots sur ce qui nous arrive, de construire notre récit intérieur, sans cesse modifié, ce que P. Ricœur appelle « l’identité narrative ». Et c’est la littérature qui nous fournit les mots et les scénarii, qui construisent la voix intérieure, nous rendant capables peu à peu d’intérioriser le dialogue avec l’autre, même en l’absence de l’autre.
Les personnes qui n’arrivent pas à entrer dans l’écrit sont par ailleurs « collées » au sens littéral, à la lettre de l’écrit. Ils peinent à introduire du jeu entre le mot et son référent, et donc n’accèdent pas facilement à l’humour, à la métaphore, au second degré.
Aussi, favoriser l’accès de ces personnes au monde de l’écrit, améliorer leur rapport à la langue et leur redonner confiance en leur capacité de penser, sont des objectifs fixés par l’école de cinéma ÉPICES, ouverte sur des expériences d’écriture créative qui contribuent à l’apprentissage collectif, collaboratif et transversal.
Au lieu de se focaliser sur les seules normes éducatives, il est intéressant de détacher l’écriture de son objectivation scolaire et ainsi de favoriser son acquisition, tout en développant des compétences et savoirs multiples (maîtrise accrue du numérique, accroissement du capital culturel). Cela nécessite l’inclusion de certains dans un projet d’écriture, afin qu’ils puissent se convaincre de leur capacité, comme les autres, à penser et à inventer la langue. Il s’agit de donner priorité à l’invention, avant de s’intéresser à la conformité orthographique.
Écrire, c’est chercher ses mots et donc penser, ce que beaucoup renoncent à faire par peur de faire des fautes. Les dégager de la peur d’« être corrigés » redonne le pouvoir de dire et le plaisir d’écrire. La production collective contribue, en outre, la fierté de chacun. De plus, écrire apprend à lire, car encoder aide à mieux décoder, et surtout en écoutant le texte des autres, chacun s’entraine à faire des liens, à questionner, à devenir un lecteur actif.
Cette fierté de chacun passe par l’estime de soi et se lancer dans l’élaboration d’un personnage que l’on a soit même créé, lui offrir la possibilité de vivre les aventures que nous créons librement avec notre esprit, comme dans un film, dégage cette peur d’être corrigé, tout simplement parce que les gens sont comme ils sont.

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